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La Résistance

 

Parmi les Résistants qui ont séjourné dans les villages de la communauté de commune ou les actes de Résistance qu'ils perpétrèrent, nous décrivons ici les plus connus.

 

Les déraillements d'Airan

 

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Dans la nuit du 15 au 16 Avril 1942, vers quatre heures du matin, se produisit un déraillement épouvantable à cent mètres du pont, en face du cimetière au kilomètre 222,025. Un rail avait été déboulonné.

Quinze jours plus tard, le 1er Mai, au même endroit, à la même heure, avec un train semblable de permissionnaires allemands venant de la direction de Paris, nouveau sabotage, nouveau déraillement.  

Ces deux déraillements firent au total quarante morts et une cinquantaine de blessés parmi les soldats allemands et aucun Français.

Ces actions furent menées par des Résistant FTP (Francs Tireurs et Partisans, proches du Front National d'obédience communiste). Ce fut le sabotage de plus meurtrier de la guerre.

Suite à cela, l'armée d'occupation mit en œuvre des mesures de représailles importantes. La répression nazie fut tragique pour 120 otages : certains furent fusillés, d'autres déportés. Seize Résistants du Calvados appartenant au Front National furent condamnés à mort. Seules les deux femmes furent graciées, mais déportées en Allemagne. Edmone Robert, très affaiblie, mourut dans l'ambulance qui la ramenait en France au printemps 1945.

Sur les 80 otages calvadosiens déportés, seuls 7 ont survécu. La quarantaine d'autres otages ont connu des sorts divers.

Sources : Abbé Leprêtre, Mairie d'Airan 1970 ; Jean Quellien, Résistance et sabotages en Normandie Ed. Corlet 

 

 

Edmone Robert

 

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En 1937, l'institutrice d'Airan, Madame Lair étant malade, une remplaçante vint pour quelques mois : Mademoiselle Edmone Robert. Pendant l'occupation, à Saint Aubin sur Algot, celle-ci participa à  d'efficaces coups de mains, attaques de petits postes, sabotages de voies ferrées et à Caen, destructions des stocks allemands, explosion d'un bureau de placement, « cache » fort utile pour les résistants pourchassés... Mais un déraillement manqué d'un train de permissionnaires allemands à Lécaude, permit à la gestapo de démembrer le réseau.

Mademoiselle Robert n'eut pas le temps de cacher efficacement des documents...

Par la faute de fonctionnaires maladroits, zélés ou peureux, ces documents parvinrent à la sous Préfecture de Lisieux et un soir de décembre 1943, la gestapo arrêta Mademoiselle Robert.

Torturée, condamnée à mort, elle fut graciée, mais déportée en Allemagne. Elle eut la joie de connaître la libération et la victoire, mais épuisée par les privations et les mauvais traitements, elle mourut dans l'ambulance américaine qui la ramenait en France.

L'école d'Airan porte son nom.

Sources : Abbé Leprêtre, Mairie d'Airan 1970 ; Jean Quellien, Résistance et sabotages en Normandie Ed. Corlet

 

Le Docteur Paul Derrien

 

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Au 34 de la rue Maréchal Joffre à Argences se trouve un square où se dresse le buste du docteur Paul DERRIEN à l'endroit exact où se tenait sa maison.

Paul DERRIEN, figure emblématique de la Résistance, était médecin du village depuis 1927.

Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il n'admettait pas la défaite de 1940. Queslques semaines après la débâcle, il entra en résistance en intégrant le réseau "Hector", puis l'organisation Ceux De La Résistance.

Affichant un peu trop ouvertement son aversion de l'ennemi, il ne fut cependant pas inquiété. Il participa même aux premiers soins sur les soldats allemands blessés dans les déraillements d'Airan.

En 1943, il était à la tête d'un groupe dont les activités principales étaient le renseignement et la cache des Résistants et des réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire).

En 1944 l'abbé Bousso d'Ouilly le Tesson et son groupe le rejoignirent, mais les hommes furent dénoncés par un traitre et le Dr Derrien futt arrêté le matin du 2 juin dans sa maison d'Argences. Torturé, puis transporté à la prison de Caen, il y fut fusillé au matin du 6 juin 1944.

Le siège de la Gestapo de Caen fut transféré dans sa maison d'Argences pendant la bataille de Normandie puis détruite à l'explosif par les Allemands à leur départ .

Sources : Argences, Mairie d'Argences ; Massacres nazis en Normandie Jean Quellien Ed. Corlet 

 

 

Leonard Gille

 

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Léonard Gille (1904-1971) fut le président du Comité de Libération du Calvados.

En 1943, la Résistance s'est développée dans le Calvados. Parmi les responsables bas-normands de l'OCM (Organisation Civile et Militaire), l'un des plus actifs était l'avocat Léonard Gille, connu avant-guerre comme un militant très marqué du parti radical-socialiste.
En septembre 1943, il participa à la constitution du Comité Départemental de la Résistance, mais de décembre 1943 à juin 1944, la Résistance bas-normande fut décimée par des auxiliaires français de la Gestapo allemande. Les organisations ne se reconstituèrent que vers mars 1944 et le CDL ne se réunit de nouveau qu'en mai 1944, sous la présidence de Léonard Gille. Le Comité fut de nouveau disloqué pendant le débarquement.

En juin et juillet 1944, pour aider à la libération de Caen, certains membres des FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) et du CDL décidèrent de se rassembler et de former la Compagnie Fred Scamaroni. Léonard Gille en fut l'un des chefs, avant d'être nommé commandant des FFI.
Le 10 juillet 1944, il fut l'un des trois représentants de la Résistance, aux côtés du recteur Daure,
avec les troupes britanniques et canadiennes, place Monseigneur-des-Hameaux. Le drapeau tricolore flottait à nouveau sur Caen. Le 13 juillet 1944 il réussit à faire paraître le premier numéro de Liberté de Normandie.
Léonard Gille fut élu conseiller général du Calvados, pour le canton de Bourguébus le 23 septembre 1945, réélu en 1949-1955-1961 et 1967.

Il a été promu commandeur de la Légion d'honneur. Sa tombe se trouve au cimetière du Poirier, dans la commune de Frénouville. Une stèle signée du sculpteur caennais Petrus se trouve à proximité de sa tombe. 

À la libération, Léonard Gille avait épousé Louise Boitard (1907-2001), "Jeanine" dans la Résistance. Officier de la Légion d'Honneur, au titre de la Résistance, cette dernière remplaça Léonard Gille au Conseil Général.

 

 

Camille Blaisot

 

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Manchois d'origine, Camille Blaisot (1881-1945) était un avocat et un homme politique réputé. Avant la Seconde Guerre mondiale, il fut conseiller général, député du Calvados, ministre de la Santé Publique et sous-secrétaire d'Etat à la Présidence du conseil. Il avait pour devise : « Servir la République au lieu de vouloir s'en servir ».

Opposé au régime de Vichy et à l'occupant, il fut arrêté par la Gestapo en mars 1944 puis déporté à Dachau où il décéda de maladie en janvier 1945.

En souvenir de cet homme qui sut résister au déshonneur et au découragement, son buste, réalisé par Zélikson, fut érigé à Vimont en 1960. Cet emplacement fut choisi pour deux raisons : d'une part il se situait au centre de sa circonscription électorale et d'autre part Camille Blaisot, ami du maire de Vimont, avait séjourné dans ce village avant la guerre.